Eliminatoires de la Coupe du Monde 2010 - Zone Europe - Présentation (2)

Salut à tous!!
Dans un peu plus d'une semaine, tous les qualifiés pour la Coupe du Monde 2010 seront connus. En attendant, je vous propose de monter peu à peu en régime en tirant les premiers bilans et en mesurant les forces en présence dans ces derniers matchs.
Première étape avec l'Europe.
Bilan des éliminatoires
(Les classements se trouvent ici et ici pour le groupe 9)
Ils ont confirmé:
Dans le groupe 2, on attendait une lutte entre la Suisse et la Grèce. Les Helvètes ont réalisé un joli parcours en battant notamment deux fois les champions d'Europe 2004 et finissent logiquement en tête. Seule ombre au tableau, une humiliante défaite concédé au Luxembourg en septembre 2008. Derrière, les Grecs ont obtenu la place de barragistes après une lutte acharnée avec Israël puis avec la Lettonie.
Dans le groupe 4, l'Allemagne a montré qu'il faudra encore compter avec elle en 2010. Son parcours en éliminatoires a été un modèle du genre: huit victoires et deux nuls en dix matchs, avec notamment deux succès face à son plus sérieux rival dans le groupe, la Russie (2-1, 1-0). Curieusement, seule la Finlande aura réussi à prendre des points aux coéquipiers de Michael Ballack. Les Russes quant à eux ont également réussi un joli parcours: sept victoires, un nul et deux défaites. Mis à part le match nul concédé lors du dernier match sans importance en Azerbaïdjan, la Sbornaïa aura réussi un parcours parfait face aux équipes plus modestes du groupe, comme une preuve supplémentaire de son nouveau rang en Europe.
Dix victoires en dix matchs: l'Espagne aura réalisé LE parcours parfait dans le groupe 5 et continue sur la lancée de sa victoire à l'Euro 2008. Le changement d'entraîneur (Vicente Del Bosque a remplacé Luis Aragones) n'aura pas entamé la dynamique d'une équipe qui semble ne pas avoir de point faible et qui abordera le prochain Mondial en grand favori. Méfiance toutefois: cela ne vous rappelle rien? Au hasard, la France 2002 et le Brésil 2006? Non?
L'Italie n'aura pas eu à forcer son talent pour terminer en tête d'un groupe 8 relativement faible, sans encaisser la moindre défaite (sept victoires et trois nuls) et ira donc défendre son titre en Afrique du Sud. Toutefois, les limites d'une équipe vieillissante sont apparues criantes lors de la dernière Coupe des Confédérations. Même si l'on sait que la Squadra Azzura sait se sublimer lors des grands rendez-vous. Dans ce groupe, l'Irlande a terminé sans surprise à la deuxième place et a su demeurer invaincue, une invincibilité qu'il faut relativiser par le fait que ses seuls succès aient été obtenus face à Chypre et à la Géorgie.
Les Pays-Bas ont écrasé le groupe 9 de tout leur poids avec la aussi un parcours sans faute: huit victoires en autant de matchs et surtout 14 points (!) d'avance sur le deuxième. Les hommes de Bert van Marwijk seront à surveiller durant le Mondial.
Ils ont surpris:
Le scénario du groupe 1 devait être limpide: la lutte pour la qualification directe devait se jouer entre la Suède et le Portugal. Pourtant, dans la discrétion la plus totale, c'est le Danemark qui est venu décrocher la première place synonyme de qualification pour sa première phase finale depuis l'Euro 2004. Six victoires (dont une au Portugal et deux face à la Suède), trois nuls et une défaite (lors d'un match sans importance face à la Hongrie): c'est un vrai parcours de champion qu'on réalisé les hommes de Morten Olsen.
Deux équipes semblaient se dégager d'un groupe 3 assez homogène: la République Tchèque, toujours redoutable, et la Pologne qui s'était qualifié pour les deux dernières phases finales. Pourtant, c'est la Slovaquie qui a décroché la timbale. Emmenée par quelques joueurs de talent (Martin Skrtel, Marek Hamsik, Stanislav Sestak, Robert Vittek, Erik Jendrisek...) la sélection slovaque a réussi à enfin sortir de l'ombre et participera en Afrique du Sud à sa première phase finale. Le bilan est également flatteur: sept victoires (dont deux face à la Pologne et une en République Tchèque), un nul et deux défaites, toutes deux concédées face à une surprenante Slovénie qui a décroché la place de barragiste et qui aura l'occasion de se qualifier pour un Mondial huit ans après sa première et unique participation.
Derrière l'intouchable Espagne, dans le groupe 5, on pensait retrouver la Turquie, voire même la Belgique. On a eu la Bosnie-Herzégovine, qui grâce à son jeu sans complexe, offensif et spectaculaire est parvenu à obtenir une place de barragiste, avec la bagatelle de 25 buts inscrits en dix matchs (six victoires, un nul, trois défaites).
Dans le groupe 6, qui s'attendait à revoir l'Angleterre à un tel niveau? On avait quitté les Three Lions moribonds, la tête basse après une défaite à domicile face à la Croatie (2-3) qui leur faisait définitivement dire adieu à l'Euro 2008. Dans la foulée, Steve McClaren a été licencié et remplacé par l'expérimenté Fabio Capello. Et c'est la que la magie a opéré: l'ancien entraineur du Real Madrid a transformé une somme d'individualités en équipe et les résultats s'en sont fait ressentir: neuf victoires (dont un 4-1, 5-1 infligés à leur ex-bourreau, la Croatie) et une seule défaite en neuf matchs, avec la bagatelle de 34 buts marqués. Néanmoins, à part la victoire en Allemagne en novembre 2008, on n'a pas encore vu l'Angleterre réaliser de performances face à de grosses cylindrées mondiales. Derrière les Anglais, ce n'est pas la Croatie mais l'Ukraine qui a terminé à la deuxième place, en toute discrétion mais en étant la seule équipe à avoir infligé une défaite aux Anglais dans ces qualifications.
La lutte dans le groupe 7 allait semble t-il concerner la France et la Roumanie. Mais une équipe a su profiter des mauvaises passes des deux favoris: la Serbie. Sept victoires, un nul et deux défaites (dont une sans importance en fin de parcours en Lituanie): la sélection des Balkans est apparue impressionnante durant ces éliminatoires et participera à la première phase finale de sa jeune histoire. Elle peut toutefois regretter ses contre-performances face à la France (défaite 1-2 à Saint-Denis et match nul 1-1 à Belgrade): retrouve t-on encore une fois les limites psychologiques de cette sélection capable d'exploser en plein vol?
Ils ont déçu:
Je le disais plus haut, le groupe 1 semblait promis à une lutte entre le Portugal et la Suède. Mais les deux équipes sont passés à côté: les Lusitaniens ont enchaîné les contre-performances (défaite 2-3 face au Danemark, matchs nuls 0-0 face à la Suède à deux reprises et face à l'Albanie) et ont du se contenter de sauver ce qu'il était encore possible de sauver: une place de barragiste. Mission accomplie au final grâce à une jolie fin de parcours. Les Suédois de Zlatan Ibrahimovic sont en revanche passés à la trappe, avec notamment deux défaites concédées face au voisin et rival danois.
Dans le groupe 3, la République Tchèque et la Pologne se sont complètement manquées dans ces qualifications. Les Tchèques se sont notamment fait battre à domicile par le voisin slovaque qui sort enfin de l'ombre (1-2) et ont payé le prix d'une certaine instabilité depuis le départ de Karel Brückner. Mais c'est surtout une fin de cycle qui semble se manifester. Les Polonais sont également passés à côté et n'ont terminé qu'à la cinquième place du groupe. Comme en République Tchèque, la fin de cycle menace. Maigre lot de consolation: une victoire 10-0 face à Saint-Marin.
On l'avait quittée demi-finaliste de l'Euro 2008, avec des joueurs talentueux et un mental d'acier. On l'a retrouvé un an plus tard à la troisième place du groupe 4, synonyme d'élimination. La Turquie aura payé cher ses deux défaites face à l'Espagne, assez prévisibles outre-mesure, et surtout ses contre-performances face à des équipes plus à sa portée (on pensera notamment au match nuls 0-0 concédé en Estonie, au 1-1 face à la Belgique). La Turquie ratera donc pour la deuxième fois consécutive le grand rendez-vous mondial et devra désormais faire sans son sélectionneur Fatih Terim, qui a démissionné.
Jusque la, la Croatie n'avait raté qu'une seule phase finale: l'Euro 2000. Pour la première fois de sa jeune histoire, la sélection des Balkans ne sera pas présente à une Coupe du Monde. A des années-lumières de son niveau de jeu qui avait impressionné tous les observateurs à l'Euro 2008 (bien qu'handicapée, il est vrai, par des blessures), la Croatie n'a pu faire mieux qu'une troisième place synonyme de non-qualification, payant lourdement les deux corrections encaissées face à l'Angleterre (1-4, 1-5).
Lors du tirage au sort du groupe 7, la France pensait sans doute pouvoir se qualifier tranquillement. Ce fut loin d'être le cas: une défaite en Autriche pour commencer puis une série de contre-performances auront plombé le parcours des Bleus qui au final s'en sortent bien avec cette place de barragiste. A un degré moindre, on ne s'attendait pas à retrouver une Roumanie qui avait fini leader de son groupe des éliminatoires pour l'Euro 2008 à l'avant-dernière place.
Enfin, dans un groupe 9 archi-dominé par les Pays-Bas, l'Ecosse, si impressionnante durant les éliminatoires de l'Euro 2008, n'a pas su tirer son épingle du jeu et n'a pu finir à une meilleure position que celle de troisième.
Les barrages
Irlande - France:
Match aller le 14 novembre à Dublin; match retour le 18 novembre à Saint-Denis
C'est un remake du match décisif qui avait eu lieu à Dublin en septembre 2005, dans la course à la qualification pour le Mondial allemand. Un but de Thierry Henry avait offert la victoire aux Bleus, et ce match est considéré aujourd'hui comme le point de départ de l'aventure qui mènera les Bleus en finale de la Coupe du Monde.
L'Irlande tentera de faire son retour dans la compétition après avoir manqué l'édition 2006 tandis que la France tentera de se qualifier pour montrer que le mauvais parcours éliminatoire n'était qu'un simple contretemps.
L'Irlande:
Ses forces:
- Une équipe au mental d'acier qui ne refuse jamais le combat
- Un entraîneur d'expérience (Trapattoni)
- Un formidable appui populaire
Ses faiblesses:
- A part quelques cadres, peu de joueurs sont rodés au très haut niveau
- Une équipe assez pauvre techniquement
- Match retour à l'extérieur
La France:
Ses forces:
- Une équipe très talentueuse sur le papier et habituée aux matchs à très forte intensité
- Une dynamique récente positive
- Match retour à domicile
Ses faiblesses:
- Une (trop?) forte pression sur l'équipe et un entraîneur très contesté
- Instabilité à certains postes, notamment au niveau du gardien et de la défense centrale
Portugal - Bosnie-Herzégovine:
Match aller le 14 novembre à Lisbonne; match retour le 18 novembre à Zenica
On imagine que les Portugais auraient sans doute été déçus s'ils avaient su qu'ils iraient en barrages. Mais au vu des difficultés rencontrées durant les éliminatoires, ce match couperet apparait finalement comme une bénédiction. Face aux Lusitaniens qui tenteront d'aller chercher une troisième qualification consécutive se dresse une équipe de Bosnie-Herzégovine qui rêve de participer à sa toute première phase finale.
Le Portugal:
Ses forces:
- Une équipe de haut niveau
- Une dynamique positive et une qualification arrachée de justesse qui peut renforcer le moral des joueurs
- Une certaine expérience qui pourrait faire la différence
Ses faiblesses:
- Match retour à l'extérieur
- Des manques à certains postes clés (gardien, arrière gauche)
- Pas de grand buteur, une lacune exacerbée par l'absence de Cristiano Ronaldo
La Bosnie-Herzégovine:
Ses forces:
- Une attaque de feu, emmenée par des joueurs talentueux (Dzeko, Ibisevic, Misimovic, Salihovic)
- Un grand entraîneur en la personne de Miroslav Blazevic
- Match retour à domicile, dans la fournaise de Zenica
Ses faiblesses:
- Inexpérience des matchs à enjeu
- Une défense friable
Grèce - Ukraine:
Match aller le 14 novembre à Athènes; match retour le 18 novembre à Donetsk
C'est un duel indécis et équilibré que vont se livrer ces deux équipes. L'Ukraine voudra obtenir une deuxième qualification consécutive tandis que la Grèce cherchera à obtenir son ticket pour la première fois depuis 1994.
La Grèce:
Ses forces:
- Solidité défensive
- Un entraîneur qui connait bien son équipe
Ses faiblesses:
- Une équipe vieillissante
- Match retour à l'extérieur
L'Ukraine:
Ses forces:
- Une équipe jeune, qui voudra forcément se montrer avant l'Euro 2012 que l'Ukraine organisera avec la Pologne
- Match retour à domicile dans la toute nouvelle Donbass Arena de Donetsk
Ses faiblesses:
- Un certain manque d'expérience
(à vrai dire, je ne connais pas vraiment ces deux équipes)
(Pour l'Ukraine, voir le commentaire d'edenrock, le spécialiste du foot russe et ukrainien)
Russie - Slovénie
Match aller le 14 novembre à Moscou; match retour le 18 novembre à Maribor
La Russie part grande favorite de son duel face à l'équipe surprise de ces barrages, la Slovénie. Elle tentera d'asseoir son nouveau statut de demi-finaliste de Championnat d'Europe avec une troisième qualification pour la Coupe du Monde, la dernière participation datant de 2002, date qui correspond d'ailleurs aussi à l'unique apparition de la Slovénie dans le tournoi mondial.
La Russie:
Ses forces:
- Guus Hiddink, un entraîneur capable d'emmener la Corée du Sud en demi-finales ou l'Australie en huitièmes de finale d'une Coupe du Monde
- Un jeu léché et offensif
- Une capacité à ne plus perdre contre les équipes réputées plus faibles
Ses faiblesses:
- Une défense centrale peu rassurante
- Limites psychologiques
- Match retour à l'extérieur
La Slovénie:
Ses forces:
- Un effet de surprise qui peut toujours jouer
- Match retour à domicile
- Solidité défensive (4 buts encaissés en éliminatoires)
Ses faiblesses:
- Peu de joueurs de haut niveau
Prochaine étape vendredi avec un résumé de la situation dans le reste du monde. Et une pensée pour Robert Enke, le gardien de la sélection allemande, qui s'est donné la mort dans l'après-midi, a à peine 32 ans.
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