Ligue 1 2008/2009 - Le bilan

Salut à tous!!
Le championnat de France a tiré sa révérence hier soir. Place au bilan.
Classement final:
(Points, matchs joués, victoires, nuls, défaites, buts marqués, buts encaissés, différence de buts)
1. BORDEAUX (80, 38, 24, 8, 6, 64, 34, +30)
2. Marseille (77, 38, 22, 11, 5, 67, 35, +32)
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3. Lyon (71, 38, 20, 11, 7, 52, 29, +23)
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4. Toulouse (64, 38, 16, 16, 6, 45, 27, +18)
5. Lille (64, 38, 17, 13, 8, 51, 39, +12)
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6. Paris Saint-Germain (64, 38, 19, 7, 12, 49, 38, +11)
7. Rennes (61, 38, 15, 16, 7, 42, 34, +8)
8. Auxerre (55, 38, 16, 7, 15, 35, 35, 0)
9. Nice (50, 38, 13, 11, 14, 40, 41, -1)
10. Lorient (45, 38, 10, 15, 1, 47, 47, 0)
11. Monaco (45, 38, 11, 12, 15, 41, 45, -4)
12. Valenciennes (44, 38, 10, 14, 14, 35, 42, -7)
13. Grenoble (44, 38, 10, 14, 14, 24, 37, -13)
14. Sochaux (42, 38, 10, 12, 16, 40, 48, -8)
15. Nancy (42, 38, 10, 12, 16, 38, 47, -9)
16. Le Mans (40, 38, 10, 10, 18, 43, 54, -11)
17. Saint-Etienne (40, 38, 11, 7, 20, 40, 56, -16)
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18. Caen (37, 38, 8, 13, 17, 42, 49, -7)
19. Nantes (37, 38, 9, 10, 19, 33, 54, -21)
20. Le Havre (26, 38, 7, 5, 26, 30, 67, -37)
Bordeaux et Marseille sont qualifiés directement pour la prochaine Ligue des Champions.
Lyon jouera le tour préliminaire.
Toulouse, Lille et Guingamp (L2, vainqueur de la Coupe) sont qualifiés pour l'Europa League.
Caen, Nantes et Le Havre descendent. Lens, Montpellier et Boulogne-sur-Mer montent.
Buteurs:
1. ANDRÉ-PIERRE GIGNAC (Toulouse, 24 buts)
2. Karim Benzema (Lyon, 17 buts); Guillaume Hoarau (Paris Saint-Germain, 17 buts)
4. Ireuneusz Jelen (Auxerre, 14 buts); Steve Savidan (Caen, 14 buts); Michel Bastos (Lille, 14 buts)
7. Fernando Cavenaghi (Bordeaux, 13 buts); Marouane Chamakh (Bordeaux, 13 buts); Mamadou Niang (Marseille, 13 buts)
10. Yoann Gourcuff (Bordeaux, 12 buts)
11. Kevin Gameiro (Lorient, 11 buts); Youssouf Hadji (Nancy, 11 buts); Loïc Rémy (Nice, 11 buts); Mevlut Erding (Sochaux, 11 buts)
15. Amadou Alassane (Le Havre, 10 buts); Thorstein Helstad (Le Mans, 10 buts); Bafetimbi Gomis (Saint-Etienne, 10 buts)
Le Lyon est mort, ce soir
En début de saison, on connaissait déjà la liste des favoris: Bordeaux, Marseille et surtout Lyon. Les Gones venaient en effet de remporter sept titres de champion de France consécutifs, et étaient toujours dans la place bien qu'on annonçait leur chute d'année en année.
Mais cette saison, il y avait une lueur d'espoir pour les autres équipes. L'année dernière, déjà, Karim Benzema et ses coéquipiers durent s'arracher pour remporter le titre à la dernière journée, avec seulement quatre points d'avance sur Bordeaux (contre 17 sur Marseille l'année précédente par exemple). Puis en début de saison, ils lâchèrent le Trophée des Champions, qui était leur propriété depuis 2002 (défaite aux tirs au but face à Bordeaux).
Alain Perrin, l'entraîneur qui avait offert le doublé à Lyon (et la meilleure attaque de toute l'histoire des équipes lyonnaises championnes de France, avec 74 buts), et désigné par beaucoup comme le pire coach que Lyon ait connu a été limogé en début de saison et remplacé par le rigoriste Claude Puel, symbole même de tous les entraîneurs de Ligue 1, apôtre du "d'abord bien défendre" et du "bloc-équipe bien en place".
Et la patte de Puel sur le jeu lyonnais s'est rapidement faite sentir: une équipe avec une bonne défense mais au jeu pauvre et avec une attaque très inefficace. Le tournant de la saison a eu lieu à Barcelone: en huitièmes de finale retour de la Ligue des Champions, Lyon se fait assomer par une attaque catalane de feu (5-2). Juste après, les Gones s'inclinent à domicile face à Auxerre (0-2) et pouvaient perdre leur place de leader. Mais heureusement, la victoire marseillaise à Paris (1-3) sauva leur place de leader de justesse. Mais avec un niveau de jeu aussi faible, ce qui devait arriver arriva au soir de la la 31ème journée, lorsque Marseille atomisait Grenoble (4-1) pendant que Lyon ne parvenait pas à battre Monaco (2-2) à Gerland. Les Phocéens prenaient dès lors la tête du classement. Puis lors de la journée suivante, les lyonnais tombèrent à la troisième place après une défaite à Bordeaux (1-0), place qu'ils ne réussiront à garder que grâce aux performances parisiennes en fin de saison, presque plus apathiques que les leurs.
Bordeaux et Marseille, la prime à l'audace
Respectivement deuxièmes et troisièmes l'an passé, Bordeaux et Marseille étaient considérées en début de saison comme les deux équipes capables de renverser Lyon. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles ont réalisé une saison époustouflante, se tirant la bourre en fin de saison pour le titre.
Bordeaux, en début de saison, s'était renforcé en se faisant prêter notamment par le Milan AC le jeune espoir du foot tricolore, Yoann Gourcuff, en perte de vitesse après deux saisons difficiles chez les Rossoneri. Excellente pioche, puisque ce joueur aura marqué la saison bordelaise de sa classe et de son talent, qui lui ont permis d'être élu Meilleur Joueur de Ligue 1 ainsi que de devenit le meneur de jeu titulaire de l'équipe de France. Autour de lui, il faut souligner l'excellent travail du milieu défensif international français Alou Diarra, du défenseur central Souleymane Diawara, de l'arrière droit Matthieu Chalmé et de l'attaquant de pointe Marouane Chamakh, bonne surprise de la saison qui s'est revelé excellent buteur (13 réalisations) en plus d'être un travailleur infatigable. Et bien sur, il faut féliciter le travail de l'entraîneur Laurent Blanc. L'ancien libéro des Bleus, pour sa deuxième saison à la tête du club girondin, a réussi à faire de Bordeaux un champion de France, avec en plus un jeu flamboyant et clairement tourné vers l'offensive.
Leur titre, les Girondins le doivent avant tout à une fin de saison canon (onze victoires sur les onze derniers matchs) mais aussi aux échecs marseillais face à Toulouse (2-2) et surtout face à Lyon (1-3). Ce match a donné le leadership aux marine et blanc jusqu'à la fin de la saison. Seule déception de la saison bordelaise, également marquée par une victoire en Coupe de la Ligue, un mauvais parcours en Coupes d'Europe. Trop légers pour la Ligue des Champions, les Girondins ont laissé filer la Coupe de l'UEFA en alignant une équipe bis lors d'une défaite à Istanbul face à Galatasaray (4-3).
Marseille avait également de grandes ambitions pour cette saison, comme en témoignaient les arrivées d'Hatem Ben Arfa, de Bakari Koné et d'Hilton, entre autres. Les Marseillais commencent la saison tambour battant, ne concédant aucune défaite lors des neuf premiers matchs de championnat. Mais alors qu'ils pouvaient prendre la tête, ce fut le coup de tonnerre avec une défaite à domicile face au rival de toujours, le PSG (2-4). Dès lors, ce fut le début des galères pour le club olympien, qui boucleront la première partie de saison à une peu flatteuse cinquième place, avec en point d'orgue la blessure de l'unique attaquant valide, Mamadou Niang. Le début de la seconde partie de saison n'est guère meilleur et l'adaptation du nouvel attaquant recruté au mercato, Brandao, arrivé du Shakhtar Donetsk, se fait difficilement.
Mais tout tournera de nouveau un soir de match à Paris, avec une éclatante victoire (1-3). Les Olympiens, emmenés par un Brandao qui a finalement atteint enfin son meilleur niveau, ont ensuite enchaîné 6 victoires consécutives qui les mèneront en tête. Mais un nul face à Toulouse (2-2) puis une défaite face à Lyon (1-3) ont fait perdre le championnat aux Olympiens. Enfin pas réellement: les points perdus au Vélodrome (22) dont beaucoup face à de petites équipes (0-0 face au Mans et à Valenciennes, défaite 2-3 face à Lorient...) auront pénalisé des Phocéens auteurs du reste d'un parcours canon à l'extérieur (12 victoires, 6 nuls et seulement une défaite) et d'un quart de finale de Coupe de l'UEFA, tout en détenant la meilleure attaque du Championnat (67 buts). Il faudra désormais pour les Marseillais préparer la saison prochaine, avec un nouvel entraîneur, Didier Deschamps, qui remplace Eric Gerets (élu par ses pairs Meilleur Entraîneur de Ligue 1) qui rejoindra l'Arabie Saoudite.
En Europe: le jour de gloire n'est pas encore arrivé
C'est l'un des arguments classiques pour expliquer le faible niveau du championnat français: le parcours des équipes hexagonales en Coupe d'Europe. Cette saison toutefois on a assisté à une certaine amélioration même si les résultats globaux sont loin d'être excellents.
La France avait trois clubs qualifiés en Ligue des Champions cette saison: Lyon, Bordeaux et Marseille, qui a du passer par le tour préliminaire. Celui-ci a été franchi sans encombre par les Phocéens face aux Norvégiens du Brann Bergen (1-0, 2-1). Le tirage au sort n'a pas été très clément avec les clubs français: Lyon, bien que tête de série, héritait du Bayern Munich, de la Fiorentina et du Steaua Bucarest; Bordeaux se retrouvait avec Chelsea, l'AS Rome et le CFR Cluj tandis que Marseille devait affronter Liverpool, l'Atletico Madrid et le PSV Eindhoven. Et comme d'habitude, les Lyonnais ont été les seuls à franchir la phase de poules, terminant deuxième derrière le Bayern Munich, club que les Lyonnais n'ont pas su battre (1-1, 2-3), alors qu'ils étaient venu à bout des Florentins (2-2, 2-1) et des Roumains (5-3, 2-0). Bordeaux n'a pas pesé lourd dans sa poule, bien qu'ayant laissé echapper sa qualification à la dernière journée, après une défaite à Rome (0-2, qui faisait echo à une défaite à l'aller à Bordeaux 1-3, assez injuste et marquée par des erreurs d'arbitrage). Auparavant, ils avaient soufflé le chaud et le froid face à Chelsea (0-4, 1-1) et difficilement battu Cluj (1-0, 2-1). Un parcours néanmoins suffisant pour terminer à une troisième place qualificative pour la Coupe de l'UEFA. Ce sera aussi le cas de Marseille, qui aura bien resisté face à Liverpool (1-2, 0-1), qui aura livré de bons matchs face à l'Atletico, sans réussite (1-2, 0-0) et qui aura été irrégulier face au PSV (0-2, 3-0).
Dernier représentant français dans la compétition, Lyon ne parviendra pas à franchir les huitièmes de finale pour la troisième année consécutive, balayé par le Barça, futur vainqueur (1-1, 2-5).
En Coupe de l'UEFA, le bilan français a été légèrement meilleur. Au départ de la compétition, quatre clubs tricolores étaient engagés: Nancy, Saint-Etienne, Rennes et le Paris Saint-Germain. Ils ne seront plus que trois en phase de groupes puisque Rennes est éliminé dès le premier tour, battu par les Néerlandais du FC Twente (2-1, 0-1). Puis, pendant la phase de groupes, c'est Nancy qui succombe suite à une défaite lors du dernier match à La Corogne (0-1) alors qu'un nul suffisait pour passer. Le PSG et Sain-Etienne se sont tous deux qualifiés, mais d'une manière différente. Les Stéphanois, conformément à leur tradition, ont joué la compétition à fond, réussissant des performances contrastant complètement avec leur saison morose en championnat. Ils finiront en tête, avec deux victoires et deux nuls, devant les Espagnols de Valence. En seizièmes, les Verts ne feront qu'une bouchée de l'Olympiakos (3-1, 2-1) avant de cédèr face au Werder Brême, futur finaliste, en huitièmes (0-1, 2-2).
Les Parisiens, en revanche, n'ont eu cesse de jouer la compétiton par dessus la jambe, comme si elle constituait un fardeau. En témoignent les compositions d'équipes assez hallucinantes alignées par Paul Le Guen tout au long de la compétiton, notamment lors du premier match perdu à Schalke 04. Le PSG ne passera le premier tour que grâce à une fin de match canon face à l'équipe B de Twente, déjà qualifiée (4-0). En seizièmes néanmoins Paris étonne en battant facilement les futurs champions d'Allemagne, Wolfsburg (2-0, 3-1) avant de souffrir au tour suivant face aux Portugais de Braga (0-0, 1-0). Mais ce qui devait arriver arriva en quarts de finale face aux Ukrainiens du Dynamo Kiev (0-0, 0-3).
On retrouve aussi deux manières de faire très différente chez les deux reversés de la Ligue des Champions.
Bordeaux a annoncé la couleur d'entrée via son coach Laurent Blanc, pour qui la seule utilité de la Coupe de l'UEFA était de faire tourner son effectif. Pourtant, c'est bien les titulaires qui sont sur la pelouse lors des seizièmes aller face à Galatasaray, mais sans réussite (0-0). Blanc envoie alors une équipe bis perdre en Turquie au terme d'un match fou (3-4), voyant son équipe se faire éliminer des les seizièmes de finale tout en étant réellement capable d'aller beaucoup plus loin.
Du côté de Marseille, où la Coupe d'Europe est une religion, la façon de faire fut differente puisqu'on joua le coup à fond. En seizièmes, les Marseillais se font suprendre à domicile par le FC Twente (0-1) mais finiront par éliminer les Néerlandais en s'imposant à Enschede aux tirs au but, au retour (1-0, 7-6 t.a.b.). En huitièmes, ils eurent toutes les peines du monde à se débarasser de l'Ajax (2-1, 2-2 a.p.) avant de tomber en quarts face au Shakhtar Donetsk futur vainqueur (0-2, 1-2).
En résumé, on peut dire que les clubs français étaient bien trop tendres pour la Ligue des Champions. Bordeaux et Marseille, malgré plein de bonne volonté et quelques jolies préstations, n'ont pu franchir le premier tour. Lyon a eu la malchance de tomber sur la machine barcelonaise en huitièmes même si leur niveau affiché cette saison ne leur permettait pas d'espèrer mieux. La Coupe de l'UEFA était plus accessible mais malheureusement trop de clubs l'ont joué par dessus la jambe (Rennes, Paris et Bordeaux) tandis que Marseille et Saint-Etienne, qui l'ont jouée à fond, sont tombés sur les deux futurs finalistes, même si on peut penser qu'ils n'étaient pas assez bons pour aller plus loin. Dans cette compétiton, la France a au moins eu le merite d'aligner deux clubs en quarts de finale (le dernier club français a avoir atteint ce stade de la compétiton en Coupe d'Europe est Lyon, au cours de la Ligue des Champions 2005/2006).
En bref
•Toulouse et Lille se sont qualifiés pour l'Europa League aux dépens du Paris Saint-Germain. Les Parisiens peuvent amèrement regretter leur pathétique fin de saison (5 points pris sur les 5 derniers matchs), qui leur a fait abandonner consécutivement le titre, la Ligue des Champions et l'Europa League. Les deux tournants de la saison parisienne se situent dans les deux matchs contre Marseille. Après la victoire (2-4) au Vélodrome, les Parisiens sont devenus quasi-irrésistibles au point de se retrouver à un point de Lyon avec l'occasion de prendre la tête en cas de victoire contre les Phocéens au Parc. Mais Marseille s'impose (1-3) et depuis le PSG a dégringolé. Quelques satisfactions néanmoins avec le recrutement de Sessegnon, Giuly, Hoarau et Makélélé qui se sont imposés comme des titulaires en puissance et du reste une sixième place bienvenue après deux saisons de galère.
•Avec 24 buts, André-Pierre Gignac est le meilleur buteur le plus prolifique depuis Djibril Cissé, qui avait inscrit 26 buts en 2003/2004 sous les couleurs d'Auxerre.
•24 buts, c'est aussi le nombre de buts inscrits par l'équipe de Grenoble, plus mauvaise attaque de Ligue 1 mais paradoxalement le promu qui s'est maintenu le plus facilement. Même si elle n'a pas été très spéctaculaire, l'équipe entraînée par Mehmet Bazdarevic a le mérite d'avoir accroché rapidement son maintien alors que tout le monde la voyait déjà reléguée.
•On attendait beaucoup de Nantes et Le Havre. Mais les deux équipes ont déçu: les Normands ont été rapidement relegués et ont terminé la saison avec le total famélique de 26 points. Quant aux Nantais, ils ont vécu une saison en tout point catastrophique, avec une gestion catastrophique et des transferts qui se sont révélés être des flops, notamment celui de la star croate Ivan Klasnic (6 buts seulement) qui devrait retourner en Allemagne dès la saison prochaine. L'intersaison s'annonce mouvementée du côté du club huit fois champion de France.
•Saint-Etienne, longtemps sous la menace, s'est sauvé de justesse lors de la dernière journée en étrillant Valenciennes (4-0) et en profitant de la défaite de Caen face à Bordeaux (0-1). Les Caennais sont passés à la trappe et retrouvent la Ligue 2 après deux saisons en Ligue 1 et une fin de championnat 2008/2009 catastrophique.
Voila, à ce soir pour la fin du week-end en Europe.
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